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Le 20 janvier dernier s’est tenu un colloque organisé par le Conseil Départemental du Bas-Rhin sur la thématique « Ensemble, construisons des parcours avec et pour les Personnes en Situation de Handicap. Enjeux, freins et leviers. » dans le cadre de la Réponse Accompagnée pour Tous.

Wos esch dès ?

La démarche de la Réponse Accompagnée Pour Tous concerne les personnes en Situation de Handicap et plus particulièrement le droit pour les personnes de demander l’élaboration d’un plan d’accompagnement global (PAG), introduit par l’article 89 de la loi de modernisation du système de santé français, entré pleinement en vigueur au 1er janvier 2018. Plus d’infos par ici.

La journée a été ponctuée par plusieurs interventions très intéressantes. Denis Piveteau, Conseiller d’Etat et auteur du rapport « Zéro sans solution » a exposé sa vision sur la transformation de l’offre, de la logique de parcours, du virage inclusif et a étayé son propos pour tenter de comprendre si tous ces changements vont dans le même sens. Son intervention a été l’occasion pour moi d’interroger la question de la pratique professionnelle en assemblée. En effet, la personne en situation de handicap doit pouvoir s’inclure et les éducateurs qui les accompagnent s’y astreignent. Cependant, quid du transfert et des projections du professionnel sur ce qui est « bien » pour l’Autre ou sur la sur-inclusion ? Pense-t-on réellement à poser la question source. Bien souvent, on va chercher un appartement pour que la personne puisse accéder à son autonomie. Cependant, a-t-on, ne serait-ce que penser, à demander si elle ne préférait pas vivre en colocation ou en maison comme toute autre personne pourrait se le demander ? La question émotionnelle est également une fois de plus à soulever : que cherche-t-on vraiment en tant que professionnel ? A quel point est-on impliqué auprès d’une personne en situation de handicap ou pas ? Ses propres émotions ne jouent-elles pas parfois en la défaveur du professionnel qui pourtant est engagé et plein de bonnes intentions ?

Le médico-social doit devenir du médico-sociétal.

Denis Piveteau, Conseiller d’Etat

Un peu plus tard, l’équipe de Bénédicte Autier, directrice de la Maison Départementale du Bas-Rhin, a pu faire un point d’étape sur l’état des travaux dans le département. Un dispositif appelé DOP fonctionne depuis 2018 et réuni la MDPH, les personnes bénéficiaires et leur familles ainsi que les acteurs de terrains tels que les Établissements Sociaux et Médico-Sociaux, les établissements sanitaire, l’éducation nationale et l’Action Sociale à l’Enfance. Ils ont pu faire état des différents freins rencontrés :

  • Les seules entrées par les besoins sont insuffisantes
  • L’épuisement des ESMS
  • La logique de places est encore très prégnante
  • Le principe de coresponsabilité doit être partagé
  • La place de la personne reste à conforter
  • La problématique des transports de personnes est bloquant
  • Le rôle du coordinateur de PAG est encore peu mis en œuvre
  • La faible visibilité sur les pratiques d’admission en établissement
  • Beaucoup d’enfants sont confiés à l’ ASE
  • Beaucoup de personnes avec des comportements problématiques sont repérées
  • Peu de visibilité sur l’activité de la cellule RAPT

L’après-midi a été dédié au partage d’expériences. Ainsi, nous avons pu entendre des courriers écrits par des parents d’enfants en situation de handicap mais aussi écouter l’histoire de Louis, Lucie, Damien et Ludovic concernant leurs expériences en ITEP, dans le dispositif d’auto-régulation, le projet de vie accompagné et coordonné et le dispositif d’emploi accompagné.

Être en situation de handicap signifie connaitre une inadéquation entre ses capacités et les exigences circonstancielles d’une situation.

La fin de la journée a été ponctuée par Jean-René Loubat, psychosociologue, docteur en sciences humaines, consultant, président d’honneur de Parcours & Innovations qui est intervenu sur la logique de parcours et ses impacts ainsi que les perspectives du nouveau paradigme de l’action médico-sociale. Son intervention bien qu’orienté sur un aspect trop libéral pour ma part a néanmoins suscité la question importante de l’approche des changements qui vont avoir lieu dans le domaine de l’action médico-sociale dans les années à venir. En effet, les équipes de terrains et leur managers vont devoir faire face à des transformations de taille et s’adapter à ses changements : tout un monde a réinventer ! Je saurais participer à l’accompagnement de ces équipes avec authenticité, persévérance et plaisir dans ces évolutions qui marqueront un tournant dans notre histoire.