#mariages #croyances #foutaises #personnalité

Dernièrement, il nous a été demandé durant la formation de visionner quelques films et de donner nos avis sur ceux-ci. J’ai choisi de commencer par le film Mariages, avec Jean Dujardin. Voici mon commentaire suite au visionnage de ce film.

Film de divertissement sans grand intérêt à mon sens, si ce n’est pour l’observer d’un point de vue spécial comme ici du point de vue des croyances et pour écouter les 10 dernières minutes où le personnage de Lio nous livre quelques éléments intéressants concernant l’importance de se connaître Soi avant toute chose. Côté « cinéma », je ne m’attarde même pas et heureusement puisque ce n’est pas l’exercice ! Vous savez c’est ce genre de film que savent nous faire les grosses chaînes en se calquant sur toutes les représentations et stéréotypes archétypaux pour être bien sûr de toucher le maximum de gens. [si si ça marche !] Dans la même veine, je vous ai mis Qu’est ce qu’on a fait au bon Dieu ? qui a le mérite d’avoir été travaillé un peu plus je trouve.

Un sacré film bourré de croyances, ça c’est sûr ! Et c’est d’ailleurs pour ça que ce film a dû fonctionner sans compter la présence de J. Dujardin.

« Le mariage c’est comme si… « , « j’étais contre à l’époque de mon mariage, je pensais plutôt que ta robe serait comme ça« , « l’amour est aveugle, le mariage rend la vie« , « les hommes préfèrent les femmes sans soutien gorge dans la robe de mariée« , etc. Le personnage de J. Dujardin nous livre pléthore de citations liées aux croyances tout au long du film. Certaines mêmes provenant de philosophes comme dans la scène de la cuisine où il cherche à construire le discours qu’il prononcera pour son meilleur ami qui se marie quelques heures plus tard. S’ajoute à cela un des personnages qui pense que la fille va certainement s’habiller comme la mère puisque c’est sa fille… Bien sûr ! Sans oublier le prêtre qui lui-même est interpellé par le caractère très traditionnel et ordonné de ce que le jeune couple a envie de faire… probablement pour répondre à la commande non évoquée des deux parties de la famille.

Le film dans sa progression nous amène peu à peu à voir les choses avec plus de subtilités. Effectivement, il nous renseigne aussi sur :

  • la croyance que la vie est parfaite alors qu’en réalité souvent il s’agit de faire plaisir à autrui,
  • la capacité qu’on les individus de faire les choses pour plaire parce qu’eux même croient que les autres ont telles ou telles représentations d’eux-mêmes,
  • le risque que peut avoir un individu de passer à côté de sa vie parce qu’ils ne cherchera qu’à plaire,
  • la possibilité ou non de renoncer à ce qu’on veut véritablement faire et qui on veux véritablement être

En ce sens et d’un point de vue du coaching, le film devient intéressant à décortiquer. En effet, il nous rappelle une fois de plus que dès lors qu’un individu cherche à être dans le paraitre pour convenir à l’image qu’il pense qu’on a de lui, cela l’éloigne de son authenticité. Cela est d’autant plus interpellant que ce même individu construit cette image à la fois pour avoir une reconnaissance et certainement combler des manques affectifs, mais aussi parce qu’il les construit sur des croyances qui ont été forgées au cours de son expérience. Elles sont donc complètement subjectives ! En somme, il peut chercher à plaire mais peux tout de même être complètement dans l’erreur dans ce qu’il cherche à construire puisque les individus en face de lui n’auront pas le même système de croyances. En résumé, ce que nous enseigne le film à la fin [Spoiler] est que les croyances empêcheraient d’être Soi et de vivre. La morale de l’histoire est de nous livrer qu’il est important d’apprendre à être Seul et à être libre avant toute chose. Que pour aimer, il faut être pouvoir être libre et pour pouvoir être libre, il ne faut pas avoir peur. Cela laisse donc aussi entendre qu’il faut pouvoir maîtriser ses émotions et savoir en faire des alliées (L’intelligence émotionnelle, de D. Goleman)

Ainsi, une personne serait capable de fonctionner sur ce modèle pendant des années jusqu’au jour où – parfois 10, 20 ou 30 ans plus tard – elle va craquer, faire un burn-out ou vouloir commettre le pire. Ce film interroge donc aussi une part de clientèle que l’on aura certainement en tant que coach. Ces personnes qui se rendent compte qu’elles ont besoin de changement parce qu’elles veulent se tourner vers elle, leurs aspirations profondes mais sans savoir comment faire. Ce nécessaire besoin de changement et de transition, sans savoir comment s’y prendre.

Ces simples lignes me font rappeler l’indispensable professionnalisme dont nous devons faire preuve en tant que coach à travers le respect du code déontologique et de la charte éthique. Il devient alors encore plus évident que nous devons absolument et indiscutablement tout mettre en place pour pouvoir accueillir cette personne en garantissant sa sécurité ontologique. Tout comme il est important de mettre en place un cadre bienveillant en étant soi-même empathique sans être condescendant ou complaisant. Cette alchimie qui, à travers la puissance de la relation rendue possible par la protection et la permission, lui permettra de reprendre son pouvoir en étant autonome, responsable et en passant à l’action après avoir trouvé lui-même ses pistes de solutions.

Durant le film, ce qui a été intéressant, c’est qu’en le regardant avec mon compagnon nous nous sommes aperçus que nous portions le même regard sur M. Seigner, une des actrices du film. En effet, nous nous sommes dit que nous n’aimions pas la voir jouer dans les films parce que son visage nous évoque quelqu’un de faux et de manipulateur. Ce jugement de valeur, à partir du seul fait qu’à chaque fois que nous la voyons à l’écran, elle nous évoque cela nous laisse porter à croire qu’elle va justement avoir ce rôle dans le personnage qu’elle incarne : une personne fourbe, castratrice et manipulatrice alors qu’en réalité, peut-être pas du tout. Ainsi, ce que son visage évoque pour nous, ajouté à nos propres croyances générées à partir d’un ensemble de construction, va automatiquement induire, par le phénomène de projection, le fait même que le personnage de cette actrice, voir l’actrice elle-même, est quelqu’un de malsain. Ce qui implique donc aussi la nécessaire conscience que nous devons avoir de ce processus en tant que CCP puisqu’à peine rencontré, un de nos futurs client peut mettre en branle tout notre système de croyances et notre cerveau, pour pouvoir le catégoriser va le classifier dans telle ou telle groupe de personnes. Pourtant, l’individu en face de nous n’aura rien demandé, si ce n’est un accompagnement pour avancer.

Bien que je ne sois pas en accord avec l’ensemble de sa vision des choses, c’est Laurent Marchand dans une conférence intitulée « Je suis le maître de mon monde » donnée dans le cadre du sommet de la conscience 2020 qui nous explique l’origine d’une partie du phénomène et la nécessaire conscience que nous devons en avoir. En effet, il commence par nous dire qu’au départ « on regarde chaque situation par le trou d’une serrure », qu’on ne voit pas tout. Ce trou n’est nul autre que nos croyances. Il nous livre d’ailleurs son point de vue avec 4 affirmations percutantes :

  • l’intégralité de ce qu’on croit est faux
  • l’intégralité des gens autour de nous n’existent pas
  • l’intégralité de tout ce qui est autour de nous peut être réinventé…
  • …. Grâce à des actes !

Il explique un peu plus tard que l’identité est générée à la naissance. Celui qu’un individu est réellement. Qu’ensuite vient l’expérimentation engendrant l’expérience et la création du mental qui est une archive d’expériences. En somme, l’identité et le mental sont alors une réserve d’expériences qui permet pour toute nouvelle situation de savoir quoi faire pour avoir ce que l’individu veux et donc pouvoir s’identifier par rapport au monde. Ainsi, se construit doucement le filtre à travers lequel l’individu voit le monde. Plus il avance dans la vie, plus il restreint alors son champ de décision et créé alors des visions dualistes, presque tout le temps à travers un seul et unique prisme qui est le sien seul.

On peut donc largement être en droit de se demander si M. SEIGNER est vraiment une mauvaise personne, non ?  Sans oublier que dans ce post je n’ai pas beaucoup abordé la question des émotions qui elles aussi jouent un rôle clé dans notre système de croyance mais ça, c’est une autre histoire. Dans les jours prochains j’irais écouter l’audio de Gérald Bronner qui porte sur son livre « L’empire des croyances ».