#témoignage #HPI #TDAH #douance #voyage #exploration

Ce matin, j’ai écris ma présentation sur le groupe privé de la 5ème édition du congrès francophone de la douance organisée par Nathalie Alsteen. Devenu un témoignage au fil des mots, j’ai voulu vous partager mon écrit avec vous. Belle lecture !

« Salut Bisàmme ! 👋 

Voici comment on dit « bonjour à toutes et à tous » en dialecte Alsacien par chez moi dans le Bas-Rhin du Grand Est français. 😝

J’ai attendu d’avoir un peu de temps pour me présenter parce qu’au vu du travail de Nathalie Alsteen et de toute son équipe mais aussi des nombreuses personnes présentes ici et qui se sont déjà brillamment présentée, je vous devait bien ça. D’ailleurs un grand merci à toutes et tous pour être qui vous êtes, de façon aussi #authentique, en vous livrant sans pudeur alors que nous sommes à des milliers de kilomètres de distance. J’aime retrouver, grâce à ces événements, la magie du vrai Internet et de ce qu’il devrait être dans son essence même : #partages, #échanges et #bienveillance car nous sommes Humain.e.s et Vivant.e.s avant d’être tout autre chose, non ? Quoi qu’il en soit, merci 🥰.

J’ai découvert le travail de Nathalie il y a quelques mois en recherchant un peu sur la toile les accompagnants de personnes adultes ayant davantage atteint leur #potentiel que la moyenne. Depuis, sa congruence et sa cohérence avec qui elle est, ce qu’elle fait, comment elle le fait et ce qu’elle transpire comme énergie, me guide pas mal !

Alors me voilà, Julien. Julien Treu-Muller et ai 32 ans d’ici quelques jours. Je me suis amusé à vous mettre ce petit triptyque de moi en photo parce que je ne suis pas un, je considère être tout. Tout du moins, j’aspire à l’être. C’est du boulot ! J’ai passé les tests pour le Haut Potentiel Intellectuel #hpi en septembre 2019 et celui pour les Troubles des Déficits et de l’Attention avec ou sans Hyperactivité #tdah en juin 2020. Étant donné que je ne fais jamais les choses à moitié, j’ai pris non seulement le package HPI + TDA mais aussi le H qui va bien 🤪.

Je me souviendrais toute ma vie de ce sentiment que j’ai éprouvé à l’annonce du HPI : « pour la première fois, je me suis senti être heureux d’être dans une case ». Parce qu’en sécurité (un peu comme ma nouvelle maison), parce que possible d’avancer pour éventuellement rechercher des solutions pour faire mieux sur certains points, etc. Même dans mon corps, j’ai l’impression qu’un nouvel ADN enfoui en moi venait de se mettre à jour pour reconnecter des cellules que j’avais trop longtemps laissée seules, à ne pas/plus les écouter.

Je me suis très vite passionné pour le sujet et quasiment tous les bouquins et reportages m’ont parus être des auto-biographies de ma vie. J’ai aussi mesuré la chance que j’avais eu de passer entre les mailles du filet pour finalement réussir sans grands encombres à jalonner ma vie. Ma mère, qui m’a élevé seule, y a certainement grandement contribué par son ouverture d’esprit, son adaptabilité et son sens du sacrifice. Alors certes, j’ai eu le droit à la myriade de remarques des enseignants (bavardage, peu mieux faire, ne tiens pas en place, indiscipliné, etc) mais j’en ai aussi eu quelques éducateurs qui ont su m’apporter les bons outils pour me canaliser. C’est comme ça que je me suis rapidement retrouvé délégué de classe, de la coopérative scolaire, à coordonner l’écriture du journal du lycée, etc. S’est ajouté à cela la découverte de mon homosexualité à l’âge de 12 ans, l’âge où les jeunes sont tellement sympas entre eux, vous savez. Cette fois-ci, ce sont mes pairs qui m’ont critiqués, mis de côté, rejetés en me traitant de tout les noms (exubérant, t’es pas comme nous, ‘spèce de **) entraînant des pics et des épanchements émotionnels parfois insoutenables (j’avais d’ailleurs dû être médicamenté durant un moment). Là encore, quelques uns avait pu entrevoir ce que je valais réellement et ce que j’avais à apporter au monde (douceur, convivialité, franchise, honnêteté, intégrité, mises en lien) et sont finalement devenus des amis que je compte encore aujourd’hui dans ma vie. De la même manière, mon hyperesthésie, mon hypersensibilité, mon hyperempathie, ma synesthésie et mon hyperacuité (en tout cas c’est à cela que je l’attribue) m’ont très vite donné l’opportunité d’entrevoir les âmes errantes et l’impression d’entendre des voix qui n’étaient pas les miennes. Là encore, j’ai eu la chance d’avoir ma meilleure amie de l’époque qui était issue d’une famille de vannier (ou Yéniche). Dans leur culture, c’est tout à fait normal ! Tout cela m’a en réalité forgé très jeune. Très sensible au social et au médico-social, j’en ai très vite fait mon travail car mon militantisme pour l’éducation populaire s’est aiguisé rapidement. J’ai eu la joie de diriger plusieurs centres de vacances pour enfants et adolescents afin de leur transmettre ces valeurs essentielles de solidarité, d’intégrité, de tolérance, de bienveillance et d’humilité. Avec mes équipes, non avons pu leur offrir un terrain de jeu pour apprendre ce qu’est l’Autre et, à travers cela, apprendre qui ils étaient en eux. Quel était leur Être véritable pouvoir sereinement nourrir leurs passions et leurs fougues pour pouvoir rayonner autour d’eux et devenir des citoyens accomplis. Chemin faisant, j’ai commencé à donner des cours à la faculté, construire ma vie sentimentale de façon parfois abrupte et à avoir mes premiers emplois jusqu’à devenir responsable départemental d’un service d’aide et d’accompagnement à domicile (personnes âgées & en situation de handicap) d’un grand groupe privé européen. Puis du côté ésotérique, n’en parlons même pas : tout ça était devenu pure fiction ! J’ai appris à assumer les facettes de ma personnalité et à en tirer le maximum de bénéfices. J’ai alors presque 31 ans.

Bha tout va bien alors ? Super ! Et bha… Quand même pas !

C’est là où je veux en venir et c’est pour cela qu’il était important de vous raconter ces quelques lignes. Alors oui, clairement, je ne me plains pas : d’un point de vue terrestre et matériel j’avais « réussi », j’avais « tout » ce qu’il fallait : une passion qui est devenu mon boulot pour en vivre, une bonne paie avec quelques primes sympathiques, la reconnaissance de mon employeur, une collègue que j’ai pu formée et avec qui je m’entendais bien, de bonnes relations familiales, un super chéri attentif à qui je suis malgré mes petits caprices ponctuels, un appart bien placé dans une ville que j’apprécie, deux chats, un poisson. « GENIAL ! » Mais non, parce qu’en fait, je répondais aux critères de ce qui était attendu de moi (par la société, par mes parents – même si bien sûr ils ne voulaient que mon bien ! -) et non aux critères de ce que je voulais pour Moi. Réellement. Jusqu’au jour où le frère de ma moitié me dis « tiens, tu as déjà entendu parlé du HP, je suis sûr que tu serais concerné ». « H… Quoi ? » ai-je répondu ! les 72 heures d’après ont été les plus funs, bousculantes, perturbatrices, grisantes, époustouflantes de ma vie ! Je me suis reconnus dans absolument tout de ce que j’avalais comme informations depuis presque pendant 3 jours et 3 nuit tel un boulimique : c’était moi. Ça y est. Je venais à nouveau de rebrancher le bon câblage. C’est à ce moment précis où je me suis rendu compte que je m’étais oublié, profondément, pour fabriquer une jolie vitrine avec des paillettes et de belles couleurs pour que ma façade ne dérange plus / pas ou alors le moins possible. Alors, ça a bien marché, ça oui. Mais moi dans tout ça ? Où étais-je passé ? Où étais passé le mec convaincu, passionné par l’accompagnement des autres, militant, ouvert sur plein de choses, à discuter avec n’importe qui ? C’était tout simple : de mes 21 ans à mes 30 ans, je m’étais tout bonnement fait avoir, je m’étais fait briser insidieusement & à petit feu par un système normatif, traditionaliste et patriarcal. J’avais su très grandement m’adapter (merci mon HP) à ce qu’on attendais d’un « gentil » citoyen « bien éduqué, d’un « enfant » gentil qui réussi, droit dans ses bottes et qui se range dans les rangs. Oups… 9 ans de ma vie où certes j’avais gardé ma force de caractère mais durant lesquels mon feu, mon cœur et mon âme s’étaient éteins, mis en sommeil.

Ayant un esprit volatile mais étant aussi très cartésien, j’ai immédiatement pris RDV avec une psychologue spécialisée pour valider mon hypothèse : HP ou pas ? Bien que j’avais compris dans mes tripes que c’était le cas, j’avais besoin d’une réponse écrite devant moi. Un papier signé et tamponné de la main d’un professionnel qualifié (on est français de l’Est ou pas, chez nous c’est carré ! 😇) Malgré cela, son annonce m’a fait l’effet d’un tsunami et d’une bombe interne. WHAOU : j’ai retrouvé « ma famille ». Voilà la sensation que j’ai eu. Autant vous dire, que ce sentiment a tout soufflé sur son passage. Comme si ma carapace du « paraitre au regard des autres » avait fait la place à « ça y est tu as compris qui tu étais, reprend possession de toi et de ton pouvoir ». Résultat des courses : j’ai intensifié mon travail sur les émotions, clarifié beaucoup de mes relations, eu les échanges les plus authentiques que je n’avais jamais eu avec ma mère, acheté un fourgon pour l’aménager avec mon âme frère, quitté mon travail pour laisser la place a une collaboratrice talentueuse, aménagé le fourgon alors que je n’ai jamais fais de bricolage mais tant pis : j’avais confiance !, débuté une nouvelle formation correspondant pleinement à mes aspirations, lâcher mon appartement que j’occupais depuis 13 ans, emménagé dans le fourgon avec ma moitié, deux chats et un poisson puis je suis parti à la mi juillet pour faire un tour de France seul (voyager seul était jusqu’alors compliqué pour moi) durant 15 jours avant d’être rejoins par ma moitié pour finir ensemble jusqu’à fin août. J’ai même débuté une formation de magnétiseur pour mon plaisir. Les peurs étaient nettement présentes et les démarches n’ont pas été toujours simples. Une chose était certaine : mon instinct avait repris le dessus ! Mon intuition, qui d’après moi est la meilleure guidance que nous avons, avait repris les commandes pour dire à tout le reste : « pas d’stress, je gère ! » Tout ça, en 11 mois. Lorsque je donne un coup d’oeil dans le rétro, j’ai l’impression que 5 ans ont été nécessaires pour faire tout ça alors que nous sommes rentrés il y a a peine un mois.

Ces quelques mois intenses bien que parsemés de très chouettes moments, ont parfois été compliqués car il a aussi été question de m’accueillir avec mes blessures et mes fragilités. D’accueillir le chemin que j’ai parcouru. Je m’en voulais d’avoir tant dévié de mon chemin durant 9 ans mais en réalité j’ai énormément appris sur Moi. J’ai acquis des savoirs, des savoirs faire et des savoirs. J’ai compris comment fonctionnait le monde « normopensant » (je n’aime pas ce terme), j’ai rencontré des gens fabuleux devenu des ami.e.s, j’ai appris ce que je voulais et ce que je ne voulais pas, compris ce dont j’avais réellement et intrinsèquement besoin. Ce qui me génère de la motivation et du plaisir au quotidien quand je me réveil et me lève. Ces 9 années m’ont permis de m’apprivoiser en tant que terrien avec sa beauté et sa laideur, ses savoir et ses lacunes, ses réussites et ses échecs… Échecs qui n’en sont d’ailleurs réellement jamais…. Par exemple, et avec le recul, ce ne sont pas 9 ans d’échecs qui sont derrière moi mais 9 ans d’apprentissages intenses ! En réalité, je pense simplement avoir appris à accueillir mon humanité à part entière et de la façon la plus profonde possible.

Et vous savez quoi ? Je suis à présent plus que jamais prêt à avancer sur mon chemin. L’alliance entre la congruence avec ses valeurs et la cohérence avec les faits génère un sentiment tel de plaisir et de motivation, qu’il n’est pas autrement possible que de vouloir partager son identité avec autrui pour vivre cela avec d’autres personnes. Après m’être formé au coaching professionnel avec l’ École Européenne de la Formation au Coaching Professionnel j’accompagne à présent les personnes qui en ressentent le besoin et j’interviens également auprès des organisations médico-sociales et sociales pour parler de la douance et des émotions, en tant que Designer Social. Étrangement mes facultés parapsychiques continue de se développer très nettement et je n’ai qu’une envie c’est de continuer à ouvrir toutes ses majestueuses portes qui s’offrent à moi. Rendez-vous compte : aujourd’hui, même quand je renverse du café sur ma chemise à cause de mon TDAH en plein milieu d’un buffet déjeunatoire entre deux conférences, alors que la salle est pleine de personnes guindée, cela ne me gêne plus du tout. Au contraire, j’en ri profondément et cela génère de l’interaction ! Les gens ne peuvent que rire avec quand s’est comme ça.

🥳Finalement, le HPI et le TDAH animent mon quotidien et je suis bien content de les avoirs rencontrés en moi ces deux-là !

🧐Vous savez, je me rend compte en écrivant cette présentation (là tout de suite maintenant) qui est finalement devenu un témoignage, que je suis entrain de boucler une sacrée boucle. Et j’en suis plutôt content et pas peu fier… Je viens aussi de me rendre compte que jusqu’à présent lors de présentations à d’autres, j’éprouvais le besoin de signifier que je suis HPI et TDAH. Du type « Bonjour, moi je suis Julien Treu-Muller, j’ai 32 ans, Designer Social, HPI, TDAH….  » Comme pour justifier d’un handicap ou d’une spécificité. Mais en fait non, bordel ! Je suis Julien. Basta. Je ne suis ni plus ni moins que Julien. Tout le reste n’est que caractéristique qui me composent. Donc dorénavant, je serais « Julien et si vous voulez en savoir plus, je suis ouvert à ce que l’on se rencontre ». Encore un apprentissage de fait aujourd’hui ! Et hop ! Merci 🙏.

J’espère que ces quelques mots trouverons échos en les personnes qui liront ce texte et plus particulièrement à celles qui vivent leur douance très bien mais qui ne seraient peut-être pas complètement satisfait.e.s de leur chemin 🤔 ou qui se posent encore des questions fondatrices pour elles-même. »

« Tout est en Toi, il faut simplement t’explorer et découvrir Tes trésors ». JTM.

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